voyage d'une année en camping-car en Amérique latine
BOLIVIE jusqu'au 24/01/2015
Nous passons la frontière Argentine / Bolivie tranquillement. Ici les semi-remorques d'Argentine s'arrêtent, sont déchargées à la "paluche", puis les marchandises sont transférées de l'autre côté sur des chariots et des diables poussés au trot par des boliviens des 2 sexes et de tous âges. 2 files (celle du retour à vide bien sûr) se croisent en continu le long d'un corridor complètement grillagé. Comme au temps des "coolies" chinois, mais sur l'Altiplano sous le soleil de haute altitude... le bagne!

Bien entendu, ici comme au Pérou, les alpagas vivent en nombre. Ils font partie de la richesse nationale, cette espèce de "petit lama" procure la laine d'élevage la plus merveilleuse qui soit, et personne n'a réussi à les acclimater ailleurs!
Pour nous la Bolivie, c'est avant tout un point d'orgue du voyage grâce au Sud Lipez et au Salar d'Uyuni. Nous y consacrons 4 albums photos fort mérités. Notre base arrière sera la bourgade de Tupiza, d'où nous prendrons une excursion de 4 jours en 4X4 (1300 km de pistes redoutables). En effet, la saison des pluies rendent impraticables les pistes pour "Camion". De plus, la présence d'eau sur le Salar garantit la pénétration du sel dans tous les recoins des câbles et de la mécanique. Après le passage dans le Salar les équipes du Dakar mettent trois heures à laver un véhicule...et avec de gros moyens!
L'excursion est assez coûteuse, et si l'on tient compte du décalage de niveau de vie, carrément très chère ! Pourtant les prestations, restent en adéquation avec le pays. Exemple: sur les Land Cruiser et Patrol qui viennent depuis le Vénézuela et les U.S.A. vivre ici une deuxième vie, sont généralement montés les excellents pneus "cordillera" 10 plis fabriqués au Pérou. Mais quand ces pneus sont hors d'âge, qu'ils ont été réparés x fois, qu'ils sont lisses au centre... C'est crevaison sur crevaison...ou pire!
La première journée s'est mal finie. Nous nous faisons surprendre par une violente chute de neige à plus de 4500 mètres. Notre 4X4 patine, on sort les pelles... Puis les passagers, enfin ceux de sexe masculin (c'est marrant dans ce genre de cas l'égalité des sexes n'est plus une revendication majeure!), Corinne et notre cuisinière restent donc au chaud (relativement...) dans le bahut pendant que nos deux jeunes compagnons et votre serviteur descendent pousser. Le 4X4 ripe, manque de sortir de la piste avec armes et bagages, il asperge évidemment ceux qui poussent de neige et de boue... Bref, les pneus avant accrochent et ça repart, mais sans ceux qui ont poussé! Les deux jeunes collègues suivent en trottant pour se réchauffer jusqu'en haut de la côte. Bon, là je passe à la première personne: je rappelle que malgré les rares fils d'argent qui s'immiscent dans mon abondante chevelure, j'ai 51 balais bien sonné, qu'on est à plus de 4500 m., que je souffle comme un bœuf, que je me caille à mort (les fringues chaudes sont dans le sac sous la bâche sur la galerie du 4X4... On a eu une splendide journée, voir l'album Lipez), bref je suis "moyennement" de bonne humeur. De plus la nuit tombe, Corinne est morte de trouille. Et le pompon, l'auberge "hébergement standard" qu'on nous a vendu... Pas de chauffage, ni d'électricité, donc ni d'eau chaude... Enfin celle du lendemain sera pire car franchement "crado"!
Je sais, je sais, certains diront (genre le fiston Florent): "super, ça fait partie du trip!". Ouais et ben moi je dis que le Sud Lipez est tout aussi beau quand on n'a pas frôlé l'incident majeur!
Bon, revenons au Sud Lipez. C'est un des endroits du monde ou les amplitudes de température sont les plus fortes. L'hiver, il n'y a que la Sibérie parmi les régions du monde habitées qui procurent des froids supérieurs. Enfin, quand on dit "habité", faut pas s'emballer... Quelques malheureux villages, qui vivent des alpagas et des passages de touristes, quelques mines, parfois toutes petites, où il vaut mieux ignorer les conditions de travail pour éviter de faire des cauchemars la nuit venue.
Quelques mots de l'équipage, avec nous un chauffeur guide sympa qui fait de son mieux, une cuisinière qui nous surprendra et deux jeunes étudiants Boliviens qui vivent en Italie depuis 14 ans. Passionnés par les perspectives qu'offrent leur pays d'origine, ils font un voyage pour étudier leur retour et trouver une idée pour créer une entreprise en s'installant. Voilà, deux p'tits gars que nous allons tâcher de ne pas perdre de vue!
Nous croiserons donc des vigognes, dont la laine est la seule à surpasser l'Alpaga, de nouveau le Zorro (ça c'est pour ceux qui suivent...) et des flamands roses par dizaines de milliers. Ils font l'objet d'un album à part, allez jeter un coup d'œil: ces merveilleux oiseaux sont comme les pierreries enchâssées dans le joyau que sont les lagunes du Sud Lipez !
Et puis après 3 jours à parcourir les cols, plateaux, montagnes, salines et les célèbres lagunas "colorado" et "verde", direction le Salar d'Uyuni, lieu incroyable s'il en est ! Une résurgence de sel sur un ancien lac grand comme deux départements français, une épaisseur de sel de 1 à 40 cm, disons donc de 10 à 20 en moyenne recouvert, à cette saison, en bonne partie de de 1 à 20 cm d'eau. Effets garantis, ne manquez pas les albums "SALAR" et "Iles aux cactus" !
Le chemin du retour d'Uyuni à Tupiza, avec un chauffeur explosé de fatigue, nous fera traverser des paysages splendides et frôler des précipices peu rassurants !
Une étape dans la jolie ville de Sucre, monde à part du reste de la Bolivie. Puis traversée des hauts plateaux boliviens pour rejoindre le Pérou... Mais, c'est une autre histoire!